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Balqees Fakhro |
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Notre séjour à Bahreïn commença par une surprise. À la conférence inauguratrice du symposium du Forum Culturel de Bahreïn - Asilah la conférencière expliqua que si l'art du monde arabe espère trouver une place dans un monde globalisé, il devra d'abord s'occuper plus intensément des formes d'art conceptuel et expérimental et d'installations. Cela représenterait un potentiel énorme pour toute la région. Afin de souligner ses mots, elle montra les mutants humains de Patricia Piccinini (la contribution australienne à la dernière Biennale de Venise) et décrivit les installations d'Anas Al-Shaikh qui vit à Bahreïn (voir notre article). C'est alors que nous avons appris que notre oratrice, dont les propos ont clairement bouleversé les auditeurs et déclenché de lourdes protestations, n'était autre que Balqees Fakhro, une des peintres de plus grand renom de Bahreïn. Le lendemain, Balqees Fakhro nous recevait chez elle. D'abord elle nous guida à travers les pièces avec des oeuvres issues des phases diverses de sa carrière d'artiste. Sur les plus anciens tableaux, peints il y a à peu près dix ans, on voit des paysages urbains à deux dimensions, où l'on reconnaît encore la vieille ville de Muharraq au nord de Bahreïn. Plus tard, ses peintures deviennent plus abstraites, les couleurs s'éclaircissent et les formes s'agrandissent. "La structure de la ville est encore visible, mais il n'est plus possible de reconnaître les coupoles, les bâtiments ou les minarets", explique Balqees Fakhro. "La ville devient un endroit quelconque, quelque part..." "Somewhere" - Quelque part - est le titre de la série de peintures sur laquelle elle travaille actuellement. Une lueur spirituelle émane de la couleur épaisse. Balqees Fakhro nous dit que les formes font parfois penser aux contours de l'Arabie Saudite ou à la carte de la région du Golf. Mais se sont surtout des images symboliques existentielles d'endroits - quelque part. Commentant sa série "Refugee Camps" Au contraire de nombre de ses collègues à Bahreïn, elle ne voit aucun conflit entre sa peinture ou la peinture sur panneau et l'approche expérimentale dont elle a parlé positivement au symposium et dont elle apprécie la relation directe avec les problèmes d'aujourd'hui. Les deux courants peuvent exister l'un et l'autre en parallèle, sans devoir s'exclure mutuellement. Gerhard Haupt et Pat Binder Voir aussi >> l'éditorial
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