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Tarek Al-Ghoussein |
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Lors de la dernière Biennale de Sharjah (avril 2003, Émirats Arabes Réunis), la série "Autoportrait" de Tarek Al-Ghoussein était parmi les oeuvres qui nous ont le plus impressionné. Au moyen de photographies dans des boîtiers lumineux, il se représente lui-même dans des lieux différents avec un keffiyeh autour de la tête comme sur une route sans fin (voir ses propos). Nous l'avions rencontré personnellement à la biennale avec un groupe d'étudiants. Il est professeur de photographie à l'École d'architecture et de design de l'Université américaine de Sharjah (AUS) – le nom, incidemment, n'a rien à voir avec les États Unis, mais est un simple terme définitoire du système éducatif. À notre prochain numéro, nous publierons un article majeur sur l'école. C'est grâce à l'aide de Tarek Al-Ghoussein que nous sommes retournés à Sharjah en avril 2004 pour donner une conférence au collège où il enseigne. Cela nous a permis d'en apprendre plus sur son attitude et de voir son travail de l'année passée. |
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La visualisation de son identité palestinienne – il est né au Kuwait et n'a jamais mis pied en Palestine – est demeurée une constante dans son travail. Mais les photographies récentes sont également des métaphores existentielles. Tarek Al-Ghoussein nous dit que sa série "Mounds" (Monticules, terminée fin 2003) est plus intime, en format déjà, que les grands "autoportraits" dans les boîtiers lumineux. Bien sûr, lorsque nous apprenons que les différents types de "monticules" dans les images représentent le "pays", que l’on cherche mais qui manque, nous devons de suite penser au sort des palestiniens. Mais Tarek nous dit qu'il traite un thème bien plus large, notamment l'impact de "barrières, pays et désir ardent" sur la perception de l'identité. |
Son plus récent travail important "War Room" (Espace de guerre), est un projet conjoint avec Chris Kienke, un ami des États-Unis, qui enseigne également à l'École d'architecture et de design de Sharjah. Pendant la première guerre d'Irak en 1991, Tarek Al-Ghoussein a photographié des images des informations télévisées et les a retravaillées artistiquement. En mars 2003, à l'éclat de la seconde guerre de l'Irak, il a répété ce procédé, cette fois ci avec une caméra numérique. Il désirait montrer les différences entre les reportages d'un même évènement – vu par la BBC, CNN, Aljazeera, Dubai TV et d'autres chaînes – qui ainsi communiquent une tout autre réalité à leurs spectateurs. |
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En changeant continuellement de chaîne, il constata des parallèles entre les images "réelles" des informations et la fiction cinématographique et les bd, et c'est ainsi qu'il inclue ces derniers à ses séquences de zapping. Il en parla à Chris Kienke et les deux réalisèrent qu'indépendamment l'un de l'autre ils avaient pratiquement fait la même chose. L'idée de revoir plus de 1.500 photos pour faire une installation conjointe avec une sélection de celles-ci était née. Le concept implique aussi la notion que les images que nous voyons au quotidien et qui contribuent de manière substantielle à former notre jugement, ont été soumises à un nombre de manipulations et de procédés filtrants. Gerhard Haupt et Pat Binder Voir aussi >> l'éditorial
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