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Gahnama-e-Hunar |
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Rahraw Omarzad est fondateur et éditeur de l'unique revue d'art en Afghanistan. Lors d'un récent séjour boursier à Berlin, nous avons eu l'occasion de l'interviewer. Bien que sa maîtrise de l'Anglais soit bonne, Omarzad s'excusa de ne pas pouvoir expliquer la situation des arts en Afghanistan ainsi que ses propres idées de manière plus différenciée, dû à des problèmes de langue. Il aura l'occasion de s'expliquer de manière plus précise dans un article au prochain numéro de notre magazine. Afin de présenter aussi bien la revue "Gahnama-e-Hunar" que son éditeur, nous avons recueilli les propos de ce dernier, exprimés lors de notre entretien. Gerhard Haupt et Pat Binder Rahraw Omarzad (né en 1964) traite dans sa revue fondée en l’an 2000 son intérêt pour l'art et sa médiation de points de vue diversifiés. Il poursuivit des études d'art à l'université de Kaboul (1981-1985), où il commença à travailler en tant qu'instituteur. Il fit des premières expériences dans le domaine de l'édition pour un ONG comme illustrateur et metteur en pages de livres d'école pour les sourds-muets. Après la retraite des troupes soviétiques de l'Afghanistan en 1989 et à la suite de la prise de Kaboul par les Moudjahidin en 1992, de lourds combats entre les diverses fractions s'ensuivirent. En conséquence, Omarzad suivit son employeur (ONG) en 1993 et partit vivre à Peshawar au Pakistan où il contribua à des revues et enseigna dans une école d'art. En septembre 1996, le Taliban prend Kaboul et émet ses décrets rigides: la liste des choses interdites comprend la musique, la danse, le théâtre, le film et la télévision, les caméras; les photos et les images de personnes et d'autres êtres vivants; sculptures, revues et journaux, la plupart des livres, les mariages et autres festivités, les oiseaux ornementaux, les jouets pour enfants, les applaudissements, les chaussures grinçantes... À l'époque, Peshawar, situé immédiatement derrière la frontière au Pakistan, se remplit de plus en plus de réfugiés, dont nombre d'artistes qui avaient été forcés à quitter leur pays. Encouragé par son expérience gagnée dans le monde de l'édition, Omarzad – en collaboration avec des collègues de son pays d'origine – commença à travailler à la conception de la première revue d'art réellement indépendante en Afghanistan. Auparavant, l'association d'art avait également publié une revue, mais celle-ci était sous le contrôle du gouvernement prosoviétique. Mais bon nombre d'artistes Afghans à Peshawar étaient loin d'être heureux à l'idée de la nouvelle revue d'Omarzad. Certains avaient peur de représailles, le Pakistan ayant soutenu le Taliban. Le premier numéro de "Gahnama-e-Hunar" apparu en l'an 2000 avec un tirage de 1.200 exemplaires. Rahraw Omarzad finança lui-même la production; des amis et collègues fournirent leur aide en logistique. Le titre a un double sens: L'histoire de l'art et quelque chose d'irrégulier. Le premier numéro était orienté uniquement vers la peinture, la sculpture et la calligraphie. Puis, Omarzad, qui vit de nouveau à Kaboul depuis fin 2002, en réponse à la pression de ses lecteurs, élargit le spectre de la revue pour inclure le film, le théâtre, la musique et bien d'autres domaines encore. Trois numéros suivirent jusqu'à fin 2003, désormais soutenus par des institutions et des organisations internationales. Un thème important qui revient périodiquement dans "Gahnama-e-Hunar" est celui de l'éducation dans les arts. Omarzad nous a dit que les méthodes dans l'enseignement en Afghanistan n'auraient pratiquement pas changé depuis trente ans. Et que, jusqu'à aujourd'hui encore, l'enseignement était concentré sur une interprétation étroite de la peinture réaliste. L'idée pour l'avenir serait de munir les étudiants de moyens plus ouverts pour interpréter les arts et de les équiper de l'outillage nécessaire pour développer des formes d'expression propre. La revue publie des discussions sur les nouveaux plans d'étude ainsi que sur les changements nécessaires dans le domaine des écoles d'art. On y trouve également des reportages sur le renouveau de la vie culturelle dans le pays et sur la remise en état des dégâts de guerre; sur la réouverture de la Galerie Nationale, la recherche des oeuvres d'art disparues de la collection du Musée National, et la restauration du patrimoine culturel. La revue informe également sur les nombreuses activités introduites ou soutenues financièrement en Afghanistan par d'autres pays, telles que des expositions, des compagnies de théâtre et de musique, des workshops, des symposiums etc... Omarzad voit une responsabilité particulière dans la réactivation d'une mémoire culturelle collective du savoir perdu de la tradition artistique Afghane, mais aussi d'autres parties du monde. C'est de cette manière qu'il fait aussi bien honneur à la contribution de Gholam Mohammed Maimanagi (1873 - 1935), fondateur de la première École des Arts au début des années 20, qu'à d'autres personnalités exceptionnelles de l'histoire de l'art, non seulement en Afghanistan, mais comptant Leonardo da Vinci, Vincent van Gogh, Paul Gauguin, et Edvard Munch. Pour les lecteurs en Afghanistan, la revue se propose être une fenêtre ouverte sur le monde. Le numéro que nous avons devant nous (voir pages échantillon) thématise la foire internationale d'art à Berlin (Art Forum), un colloque sur la sculpture en Chine, et surtout le Festival de Cannes, où le film Afghan "Osama" reçut honneurs et attention. Pour Rahraw Omarzad, "Gahnama-e-Hunar" est une des maintes initiatives qui investissent en un renouveau culturel de base en Afghanistan et il souhaiterait que ces efforts soient reçus avec plus de reconnaissance au niveau international. À la fin de notre interview, il nous a spécifiquement demandé de publier sa requête suivante: les reportages sur l'Afghanistan dans les autres pays devraient être plus différenciés; au lieu de montre uniquement la destruction et la misère, ils devraient bien plus communiquer les énergies et les développements positifs. |
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